Workshop 333 : « Faire son tas » / Des étudiant·x·es en 3e année Art se déplacent à Clermont-Ferrand

du lundi au samedi
Clermont-Ferrand / Bonnabaud : atelier de l’artiste Hervé Bréhier, salle d’exposition de l’association Home Alone


En compagnie de l’artiste Hervé Bréhier et de l’enseignante-artiste Estelle Deschamp, un groupe d’étudiant·x·es en 3e année Art se déplaceront à Clermont-Ferrand pour un workshop hors les murs, sur la thématique du tas.


Le workshop FAIRE SON TAS


L’idée de ce workshop est de travailler sur le tas : accumulation de choses d’une même nature ou de nature différente, disposées dans un ordre prémédité ou pas et placées les unes sur les autres, s’élevant sur une large base.

Un tas, cela peut paraître bien insignifiant mais cela a quand même des significations historiques larges. Depuis les cairns inuits jusqu’aux amoncellements de terre servant de boussoles ou de sépultures, ils sont associés à des pratiques anciennes. Avec l’industrialisation et le capitalisme, le tas peut incarner l’accumulation excessive, symbole de surproduction, de surconsommation.

Les tas ont toujours été aussi des formes de contestation : sous la forme de barricades, ils sont une opposition matérielle au pouvoir.

Plus simplement, le tas renvoie aussi à ce qui a été laissé là, à l’accumulation de matériaux comme : des objets domestiques, un tas de bois, de vaisselle, de feuilles, de vêtements…

Bref, un tas, ça peut être un tas de choses.

Cette forme aléatoire et sans structure impose un autre regard sur la matière, la valorisant pour ce qu’elle est, sans chercher à la maîtriser en lui donnant une finalité préétablie.

La forme du tas est récurrente dans l’histoire de l’art du XXe siècle. On peut penser à : Robert Morris et sa pensée sur l’Antiform, Bernar Venet avec ses tas de charbon (1963), Richard Serra et ses « scatter pieces » (1967) qui empilent des matériaux de manière aléatoire, Christian Boltanski qui utilise dans ses œuvres le pouvoir mémoriel des objets du quotidien en amoncellement pour exprimer le poids de vies oubliées. Plus récemment, on peut évoquer, entre autres : Ghita Skali, Thomas Hirschhorn, Benoît Piéron, Berlinde Bruckyere, Séverine Hubard.

Pendant ce workshop, les étudiant·x·es en 3e année Art et les deux artistes :

  • partiront à la recherche des matériaux, d’objets dans des environnements donnés (balade dans les alentours de Clermont-Ferrand, carrière abandonnée, décharge, atelier…). L’objectif sera de comprendre les différentes propriétés et la nature de ces matériaux
  • feront leurs tas. Il s’agira de trouver les gestes, les dispositifs mécaniques ou aléatoires pour la création du volume tas
  • proposeront une mise en espace et une monstration des différents tas lors d’une restitution / exposition. Le moment de monstration sera pris en charge par l’association Home Alone (constituée des artistes de l’atelier collectif La Diode) qui organise des expositions autour de Clermont-Ferrand. Cet événement sera ponctué d’échanges avec les artistes du collectif La Diode et des étudiant·x·es de l’École supérieure d’art de Clermont Métropole.

Biographies des interventant·x·es


Hervé Bréhier vit et travaille entre Bonnabaud et Clermont-Ferrand. Il fait partie de l’atelier collectif La Diode et de Home alone (artist home space) qui organise régulièrement des expositions chez des artistes ou dans leurs ateliers. Les sculptures d’Hervé Bréhier sont le produit de la combinaison de deux « répertoires » : un répertoire de matériaux généralement liés la construction et à l’aménagement de lieux d’habitation ou de travail (panneaux de contreplaqué, portes de bois, tubes de cuivre, béton, enduit de lissage…) et un répertoire d’actions (tracer, couper, fendre, enduire, enrouler, adosser…) C’est la capacité physique de l’artiste à prendre en charge seul les transformations et les déplacements qu’il fait subir à ces matériaux et objets qui contribue à déterminer l’échelle de ses sculptures, toujours étroitement liée à celle du corps humain. […]

Diplômée de l’EESI Angoulême puis de la Hear à Strasbourg, Estelle Deschamp (née en 1984 à Annecy) vit et travaille à Bordeaux. Elle a rejoint le collectif La Mobylette en 2010 qui a mené jusqu’en 2018 des événements collaboratifs dans des lieux souvent atypiques (camping, kébab, parking, minigolf…). Aujourd’hui, elle fait partie de l’atelier collectif Cumulus qui est aussi un espace dédié aux concerts et aux expositions. Son travail personnel se développe autour de la pratique de la sculpture et de l’installation. Ses recherches prennent corps dans l’univers architectural au sens large, allant du bâtiment au mobilier en passant par l’ornement, ainsi que dans les matières et les savoir-faire associés.


Image d’illustration : Coralie Sanchez, travaux présentés pendant la soutenance de son DNA Art à l’ESAAA, juin 2019

Workshop 333 : « Faire son tas » / Des étudiant·x·es en 3<sup>e</sup> année Art se déplacent à Clermont-Ferrand