Workshop 333 « Walking with the disappeared », à destination des étudiant·x·es en 3e année Art

du lundi au vendredi
Centre d’art Contemporain La Ferme du Buisson : allée de la Ferme –77186 Noisiel


Le Workshop Walking with the disappeared est un format pédagogique hybride proposé par l’enseignantx-artiste Vir Andres Hera et l’artiste invitée Maïmouna Silla, à destination des étudiant·x·es en 3e année Art à l’ESAAA. Ce format pédagogique sera accueilli par le Centre d’Art Contemporain La Ferme du Buisson.

Le workshop se structure à partir des contenus du cours Walking with the disappeared et en résonance avec l’exposition collective Tactical Specters (accueillie par La Ferme du Buisson) dont Vir Andres Hera est l’unx des artistes participant·x·es.


Walking with the dissapeared – le cours


Avant d’être un workshop, Walking with the disappeared est l’intitulé de l’un des cours proposés par Vir Andres Hera à l’ESAAA, au sein duquel les étudiant·x·es-artistes arpentent les questions de la narration, de la transmission orale et des multiples façons de « faire » et de « créer » histoire(s) et récits, depuis une perspective décoloniale et feministe. En s’appuyant sur des théoriciennes de l’image telles que Trinh T. Minh Ha, Tina Campt, Donna Haraway, Cecilia Vicuña, Ariella Aïsha Azoulay, Saidiya Hartman et bien d’autres, les étudiant·x·es vont à la recherche des figures de conteuses et magiciennes afin de questionner leurs rapports aux représentations et aux narratives :

« Si nous attendons de l’histoire qu’elle nous raconte ce qui s’est passé à une époque et en un lieu donnés, nous pouvons attendre du récit qu’il nous raconte non seulement ce qui a pu se passer, mais aussi ce qui se passe à une époque et en un lieu non précisés. Il n’est pas étonnant que dans les anciens contes, les conteurs soient très souvent des femmes, des sorcières, des prophètes. Écrire une histoire devient écrire l’histoire, et l’Histoire a tôt fait de s’isoler, reléguant les histoires au domaine du conte, de la légende, du mythe, de la fiction, de la littérature. Ainsi, puisque le fictionnel et le factuel en sont venus à s’exclure mutuellement, il n’est pas rare que la fiction soit synonyme de mensonges et le fait de vérité. Est-ce vraiment arrivé ? Est-ce une histoire vraie ? » (Trinh T. Minh Ha, L’histoire de ma grand-mère)


Les workshops 333


Le workshop 333 est un format d’enseignement de l’ESAAA consistant à effectuer un workshop hors les murs, dans un établissement culturel avec un groupe d’étudiant·x·es en troisième année Art. Au début du deuxième semestre, les étudiant·x·es choisissent entre trois contextes et temps de travail hors Annecy, en compagnie d’un·x·e invité·x·e et d’un·x·e enseignant·x·e de l’ESAAA. Ces workshops d’une semaine se concluent par la restitution publique des travaux réalisés dans le contexte proposé. Ils visent à mettre en relation de manière active des étudiant·x·es et des artistes s’inscrivant dans des réseaux de production et de diffusion varies, à les impliquer dans une démarche collective et relativement autonome, à organiser un événement avec un budget restreint permettant d’envisager d’autres possibles.


Centre d’Art Contemporain La Ferme du Buisson


Partie intégrante du projet pluridisciplinaire de la Ferme du Buisson, le centre d’art contemporain est engagé depuis 1991 dans un soutien actif à la création à travers un travail de production, de diffusion et de programmation événementielle. Mettant l’accent sur la jeune création et les artistes internationaux·nales peu représenté·x·es en France, le Centre d’art est spécialisé dans les pratiques collaboratives, la médiation en autonomie et les formes performatives. Il se conçoit également comme un lieu d’accompagnement des collectifs artistiques et des métiers des arts visuels (critique, régie, création et curation).


Tactical Specters


  • Exposition collective au CAC La Ferme du Buisson, du 16.03 au 13.07.2025

« Comment les défunts insistent-t-ils, à travers le temps, pour nous tenir en question ? La voix des morts occupe une place centrale dans les réflexions contemporaines, qu’elles soient artistiques, littéraires, dramaturgiques, philosophiques, notamment chez des artistes qui articulent des appartenances diasporiques, transculturelles ou minoritaires. Orienté autour de la notion d’hantologie, pour citer le néologisme du philosophe Jacques Derrida dans son ouvrage Spectres de Marx, ce projet s’attache à présenter des œuvres ou des interventions qui portent en elles des voix du passé. À travers elles s’expriment les irréconciliables contradictions dont nous héritons : des mirages de la modernité aux cendres du continuum colonial. S’il n’existe qu’un présent trouble et lourd de complexités dans lequel nous naviguons, les pratiques d’ancestralité ou de généalogie nous enseignent comment nous construire des lignées affectives et intellectuelles à travers le temps et entrer en conversation avec les spectres qui nous entourent ». (www.lafermedubuisson.com)


Biographies des interventant·x·es


Vir Andres Hera (Yauhquemehcan, Mexique) est cinéaste et artiste. Le point de départ de ses œuvres se situe à la convergence de questions relatives à l’immigration, l’exil, l’identité de genre ou l’appartenance culturelle multiple, dont iel s’attache à restituer la diversité. Croisant récits personnels et morceaux d’Histoire, ses œuvres font entendre des mots, des voix et des langues qu’iel associe à des montages visuels fragmentés et des images énigmatiques, comme un reflet de la pluralité des perspectives et des réalités. Ses installations multi-écrans reflètent un temps non linéaire et fracturé. Parmi ses expositions récentes, citons Cacophony as collectivity, galerie SBC, Montréal (2023) ; Soleil Triste, Mo.Co. Montpellier Contemporain (2023) ; Exchange : London, Mimosa House, Londres (2023) ; et Ceremony, HKW, Berlin (2022). En 2024, iel emporte le prix jeune création internationale de la Biennale de Lyon. Une archive contenant une partie de son travail d’écriture vient d’être acquise par The Backroom – Museo Tamayo de Mexico et sera bientôt publiée.

Maïmouna Silla est une artiste Franco-Sénégalaise diplômée de l’ENSAD Nancy et des Beaux-Arts de Nantes. Dans sa pratique, elle matérialise des images et des formes dans le but de susciter des questionnements, des discussions et un débat. Dénonçant l’horreur sans toutefois participer à la saturation d’images violentes, elle attache une grande importance à s’écarter du rôle des médias de masse et s’inspire des images mentales. Principalement par le biais de la sculpture, de la vidéo ou du texte, elle navigue entre le passé et le présent pour se réapproprier diverses histoires et leur donner vie dans notre contemporanéité. Elle arbore des thématiques telles que l’histoire, la politique, la transmission, la spiritualité, la religion ou encore le rapport à la mémoire. Son processus créatif débute par des recherches minutieuses, l’exploration d’archives matérielles, et l’écoute de récits vivants qu’elle récolte au cours de ses investigations.


Image : © Maïmouna Silla – « Lo Papadatos »

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