Workshop transversal avec Jonathan Potana et Vir-Andrés Hera : « Qu’est-ce que je fais avec ce que je vis, personnellement, politiquement et collectivement ? »

du mercredi au vendredi
Le Magasin, Centre National D'art Contemporain : Site Bouchayer-Viallet – 8, esplanade Andry-Farcy, 38000 Grenoble


Dans le cadre de la 5e édition du Festival des gestes de la recherche organisé à Grenoble, un groupe d’étudiant·x·es de l’ESAAA et de l’ESAD Grenoble-Valence travaillera avec les artistes Jonathan Potana et Vir-Andrés Hera (également enseignant à l’ESAAA), lors d’un workshop axée sur l’exercice de la performance.


Qu’est-ce que je fais avec
ce que je vis, personnellement, politiquement et collectivement ?
– le workshop


Cette situation pédagogique propose une immersion dans la matière de la performance, abordé comme une pratique à la fois physique, spirituelle et civique qui fait appel au libre arbitre, sa place au sein de nos sociétés, ses structures, ses pouvoirs et représentations. Il s’agit de penser et de vivre la performance comme un espace de transformation, où le geste devient non seulement une exploration sensible, mais aussi un acte de nécessité, de santé, où la notion d’éthique trouve aussi sa Genèse.
Les participant·x·es à ce workshop aborderont une traversée géographique dans les grands repères de la boussole, à la fois spatiale et temporelle, pour faire acte dans un paysage sculpté autour de l’émancipation et de la justice, de l’écologie et de l’altérité, du travail et de l’éphémère.

Le geste performatif ne se réduit pas à une simple expression du corps ; il est un lieu de croisement entre la mémoire, l’histoire et le devenir. Il interroge la manière dont chacun·x·e a été façonné·x·e par des structures narratives, et, plus encore, la manière dont chacun·x·e peut se réapproprier ces récits pour inventer de nouvelles voies.

Dans cette approche, le geste devient une boussole critique, qui oriente l’artiste et son receveur. Chaque geste devient une question adressée au monde ; le groupe traversera les conceptions mêmes du corps, du temps et de l’espace, ses valeurs et ses santés. Ils, elles, iels chercheront ensemble à découvrir de nouvelles manières de représenter et d’imaginer le monde, à travers leur relation avec la nature et les écosystèmes dans lesquels chacun·x·e évolue. La création y sera envisagée comme un processus qui articule le vitalisme et la matérialité, une alchimie à laquelle le symbolique et le physique se rencontrent pour faire émerger de nouvelles formes de sens. L’objectif sera d’ouvrir des champs esthétiques sur l’existence, en tenant compte des forces dynamiques de l’environnement ainsi que des forces symboliques qui façonnent le quotidien de chacun·x·e via des figures telles que Beuys et Pope L, Hirschornn et Hammons ou Horn et Albuquerque.

Cette interaction entre le corporel et le conceptuel vise à offrir un espace au sein duquel chacun·x·e pourra se réapproprier son propre corps, sa mémoire et sa parole, pour mieux s’orienter et transformer ses outils de navigation futurs. Le workshop vise à créer un espace de réflexion et d’action où la performance se déploiera comme un médium critique et poétique, capable de métamorphoser la manière de percevoir et d’habiter le monde contemporain. Ensemble, les participant·x·es tenteront de dessiner les contours d’un art qui façonne non seulement leur regard, mais aussi leur capacité à former et à façonner leur « aujourd’hui ».


Termes clés


  • Le geste comme outil de l’espace de la critique, de l’introspection et de l’émancipation
  • Recherche et création : penser et sentir
  • Cosmopoétique : de la nécessité et de la santé de l’art à la réalisation
  • La performance comme boussole vers l’action
  • Vers une esthétique du vivant : Nature de la nature humaine

Les intervenant·x·es


Jonathan Potana. Né à l’île de la Réunion, son travail se développe comme une odyssée vivante au sein d’une diversité élastique de formes : sculpture, performance, dessin en autre. Jonathan Potana met en avant la capacité de l’Art à former et façonner notre réalité. Son geste artistique puise dans la vitalité de son environnement, reflétant les pluralités et les situations de nos paysages, entre espérances, crises, et extases, présages et foi agissant comme un principe à entrer en action.  Son œuvre se concentre sur la liaison profonde et ontologique entre notre vie et notre voie. La voie elle-même qui se rapporte au chemin. À travers une transmutation des représentations, des rencontres et des confrontations, il admet défendre une œuvre engagée. Il entreprend une démarche à la fois de l’ordre du geste et du verbe, cherchant à concilier et à créer une cosmopoétique qui explore la relation entre le droit et le devoir de l’artiste au-delà des notions de liberté et de responsabilité inhérentes au processus de création. Les formes qu’il façonne sont des témoignages de la conscience de notre évolution, explorant les tensions matérielles entre la vie et la survie, le prosaïque et le poétique, l’ancestralité et la contemporanéité, l’être et la vérité.

Vir-Andrés Hera est cinéaste, artiste et chercheurx. Le point de départ de ses œuvres se situe à la convergence de questions relatives à l’immigration, l’exil, l’identité de genre ou l’appartenance culturelle multiple, dont iel s’attache à restituer la diversité. Croisant récits personnels et morceaux d’Histoire, ses œuvres font entendre des mots, des voix et des langues que iel associe à des montages visuels fragmentés et des images énigmatiques, comme un reflet de la pluralité des perspectives et des réalités.



Image (avec l’aimable autorisation de l’artiste) : Jonathan Potana